1. La hausse est d'abord une hausse des prix
Voir les chiffres clés de l'ouverture. Une fois les prix retirés, le budget ne gagne qu'environ 1 % par an. Certaines années, il recule (voir « La dépense, année par année »).
Infographie · données publiques · octobre 2026
Le budget de l'État pour l'école augmente. Pourquoi, alors, des classes pleines, des cours non remplacés, des bâtiments vieux et autant d'élèves en difficulté ? Ce que disent les chiffres publics.
64,1 Md€
dépensés par l'État en 2025 pour les élèves et les personnels en activité. Pensions des retraités non comprises.
47,6 Md€
57,6 Md€
64,1 Md€
+35 %de hausse entre 2015 et 2025, en euros de chaque année.Du bloc gris au bloc de 2025.
+11 %de hausse réelle, une fois retirée la hausse des prix.Les billets rouges : ce que le budget gagne vraiment, une fois la dépense de 2015 convertie en euros de 2025.
1,07 milliond'emplois à temps plein payés en 2024 : plus de la moitié des emplois autorisés de l'État.Détail juste en dessous.
1 milliard d'eurosen euros de 2025le gain réel
Mission « Enseignement scolaire », crédits dépensés hors retraites (Cour des comptes, DEPP, Sénat) ; indice des prix INSEE.
d'emplois à temps plein payés en 2024 : plus de la moitié des emplois autorisés de l'État.
10 000 emplois à temps plein
Cour des comptes, Analyse de l'exécution budgétaire 2024, mission « Enseignement scolaire », avril 2025.
Partie 2
Combien l'État dépense pour l'école, année par année, ce qui l'a fait bouger, ce que coûte un élève et qui paie l'éducation.
Dépense de l'État pour l'école (mission « Enseignement scolaire »), crédits réellement dépensés sans les pensions des retraités, en milliards d'euros. Billets pleins : en euros de chaque année. Billets vides : ce qu'il faut ajouter pour la même dépense en euros de 2025.
2024 : +3,9 Md€en un an, la plus forte hausse de la période. Les hausses de salaire de 2023 (voir « Les décisions qui ont fait bouger le budget ») jouent sur une année pleine.
2025 : −0,1 %La dépense ne bouge plus (−0,1 % selon le Sénat).
+21 %Les prix ont monté de 21 % entre 2015 et 2025. Convertie en euros de 2025, la dépense de 2015 vaut 57,6 Md€. En 2022 et en 2025, les prix ont monté plus vite que le budget.
1 milliard d'euros de l'année1 milliard d'euros, complément en euros de 2025
Mission budgétaire « Enseignement scolaire », enseignement agricole compris : Cour des comptes (2015 à 2024), DEPP et Sénat (2025, hors retraites). Euros de 2025 : calcul à partir de l'indice des prix à la consommation de l'INSEE (moyennes annuelles).
Hausse de la dépense depuis 2015, sans les retraites. La barre : la hausse affichée, en euros de chaque année. La courbe : la hausse réelle, une fois la hausse des prix retirée. En rouge, l’écart entre les deux : en 2025, +34,7 % affichés, +11,3 % réels.
Hausse réelle, dans la barreÉcart : hausse mangée par les prixCourbe : hausse réelle
Valeurs en euros : annexe « Les chiffres en tableau ». Calcul à partir des montants arrondis du tableau d'annexe. Cour des comptes (2015 à 2024), DEPP et Sénat (2025, hors retraites). Euros de 2025 : indice des prix à la consommation de l'INSEE (moyennes annuelles).
Ce que coûte en moyenne un élève ou un étudiant en un an, tous financeurs réunis (État, collectivités, familles, entreprises), en euros de 2024.
En 2025, en euros de 2025 : 9 440 € par écolier, 11 780 € par collégien ou lycéen, 13 350 € par étudiant.
1 000 € par élève et par an, en 2024en 2015
DEPP, Repères et références statistiques 2026, chapitre 10 : dépense par élève.
2027 : périmètre du seul ministère de l'Éducation nationale, sans l'enseignement agricole. Le Parlement peut modifier ces chiffres. Sources : DEPP, RERS 2026, chapitre 10 ; Sénat, avis sur le budget 2026, 25 novembre 2025 ; ministère de l'Éducation nationale, dossier de presse « Budget 2027 pour l'École », octobre 2026.
En 2025, la France consacre 199,2 Md€ à l'éducation (dépense intérieure d'éducation), de la maternelle à l'université et à la formation continue : 6,7 % de sa richesse produite (PIB). Part de chaque financeur :
Financement initial, avant les transferts entre financeurs. Total arrondi : 100,1 %.
1 % de la dépense intérieure d'éducation
DEPP, Note d'information n° 26.42, septembre 2026 : dépense d'éducation 2025 et ses financeurs.
Nombre moyen d'élèves par classe en maternelle et en élémentaire publiques. Près de 650 000 élèves de moins dans ces écoles entre les rentrées 2017 et 2026. Avec le dédoublement des classes de grande section, CP et CE1 en éducation prioritaire, les classes rétrécissent.
1 élève, constaté1 élève, prévision du ministère
Ministère de l'Éducation nationale, dossier de presse « Budget 2027 pour l'École », octobre 2026 : élèves par classe, de 2017 à 2027.
Partie 3
Une moyenne d'élèves par classe en baisse à l'école, des classes pleines au lycée, et sept raisons qui expliquent une partie du malaise.
Part des classes qui comptent 30 élèves ou plus, à la rentrée 2025. En seconde, 26 % des classes ont même 35 élèves ou plus.
Au total, environ 61 000 classes de 30 élèves ou plus en 2025, de l'école au lycée. Calcul : part de ces classes multipliée par le nombre de classes publié par la DEPP, niveau par niveau, lycée professionnel compris. Au lycée général, les cours en demi-groupe ramènent la moyenne à 24 élèves devant un enseignant pendant une heure de cours.
1 classe de 30 élèves ou plus1 classe de moins de 30 élèves
DEPP, Repères et références statistiques 2026, chapitre 2 : taille des classes ; DEPP, Note d'information n° 26.38, août 2026 : élèves par heure de cours.
Sept raisons, point par point. Elles expliquent une partie du malaise, pas tout.
Voir les chiffres clés de l'ouverture. Une fois les prix retirés, le budget ne gagne qu'environ 1 % par an. Certaines années, il recule (voir « La dépense, année par année »).
Dépense par écolier : voir « Dépense par élève ». Il y a moins d'élèves, des classes dédoublées (voir « Élèves par classe ») et des AESH. Scolarisation des élèves handicapés : 0,96 Md€ en 2017, 2,96 Md€ en 2024.
Voir « Dépense par élève ». Dans le public, les classes ont grossi d'un demi-élève en dix ans. Classes de 30 élèves ou plus : voir « La moyenne cache des classes pleines ».
Absences pour raison de santé au collège et au lycée : +29 % de 2018 à 2024. 7 % des enseignants pensent leur métier valorisé, quatre fois moins que la moyenne de l'OCDE. Concours, postes vides, départs et cours non remplacés : voir les parties qui suivent, « Les problèmes que le budget cache ».
En 2025, les dépenses d'éducation des collectivités ont baissé de 0,6 % une fois les prix retirés. Qui paie les murs, et leur âge : voir « Bâtiments ».
Chaque année, environ 1,2 Md€ prévu pour former les enseignants est dépensé ailleurs : la Cour des comptes juge la pratique « insincère ». En 2025, 5,9 Md€ ont été dépensés sur d'autres lignes que celles votées (Sénat).
À l'entrée en sixième en 2025, 49,5 % des élèves maîtrisent la grammaire et 42,7 % l'orthographe. En éducation prioritaire renforcée, 54,5 % des élèves de sixième sont dans les groupes les plus faibles en français, contre 27,3 % dans le reste du public.
1 milliard d'euros1 élève sur 100 dans les groupes les plus faibles
Cour des comptes, exécution budgétaire 2024 (avril 2025) ; Sénat, rapport n° 736 (2025-2026) ; DEPP, RERS 2026 ; INSEE.
Les problèmes que le budget cache
Un budget en hausse ne dit pas si un professeur est devant la classe, si les postes sont occupés, si un élève handicapé a son accompagnant, ni dans quel état est son école. Voici ce que mesurent les rapports publics, avec l'année et la source de chaque chiffre. Ce que personne ne mesure est dit à la fin.
Partie 4
Le nombre d'enseignants ne baisse pas : 879 331 en 2015, 888 815 en 2025, public et privé sous contrat (DEPP). Quatre choses changent : le salaire en milieu de carrière, le nombre de candidats, la part de contractuels et les départs.
10 000 enseignants
DEPP, Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire 2025-2026 : effectif des enseignants.
Candidats présents pour un poste offert. En 2010 : 5,4 et 4,4. Au creux de 2022 : 1,8 et 1,9. En 2025 : 2,4 et 2,3. De la session 2022 à la session 2025, il fallait être en deuxième année de master ou avoir un master pour se présenter (DEPP).
1 candidat présent, pour 1 poste offert
Calcul : candidats présents divisés par postes offerts, concours externes de l'enseignement public. DEPP, séries des concours de recrutement, octobre 2026. 2014 : hors session exceptionnelle.
Années pour qu'un professeur des écoles atteigne le haut de la grille de salaire (données 2024).
Salaire net moyen d'un enseignant en 2024.
La DEPP écrit que la hausse de 2024 « s'explique principalement par la croissance des primes ».
1 an100 € nets par mois
OCDE, Regards sur l'éducation 2025, chapitre D3, données 2024 (calcul pour les évolutions et l'écart à la moyenne) ; DEPP, notes d'information 25.48 (août 2025) et 26.36 (août 2026).
657 postes vides au Capes externe en 2025, après 1 519 en 2022. Des postes restent vides chaque année depuis 2011. Au Capes de mathématiques en 2025 : 327 postes vides, 71,4 % des postes pourvus.
10 postes non pourvus
DEPP, séries des concours, octobre 2026 (calcul) ; DEPP, Panorama des personnels 2025-2026 (calcul) ; ministère de l'Éducation nationale, communiqué du 9 juillet 2026.
Un contractuel est un enseignant en contrat, pas fonctionnaire. Un décret de 2016 permet, « à titre exceptionnel », d'en recruter avec deux années d'études après le bac. Le chiffre de 2015 est calculé sur un champ élargi (DEPP).
1 contractuel sur 100 enseignants du public10 000 contractuels
DEPP, principaux indicateurs sur les personnels par corps, septembre 2026 ; DEPP, Panorama des personnels 2025-2026.
Démissions et ruptures conventionnelles (départs négociés, possibles depuis le 1er janvier 2020), par année scolaire. En 2024-2025 : 3,1 départs pour 1 000 enseignants, troisième année de baisse.
100 départs volontaires d'enseignants fonctionnaires
DEPP, Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire 2025-2026.
65 médecins du travail pour plus de 710 000 enseignants du public (mai 2026).
1 personne sur 10010 000 enseignants1 médecin du travail
DEPP, Note d'information n° 24.03, baromètre du bien-être au travail 2023 ; Assemblée nationale, rapport n° 3198, septembre 2026.
démissions pour 1 000 enseignants stagiaires, en première année, en 2024-2025.
DEPP, Panorama des personnels 2025-2026.
Étudiants en master de préparation au métier d'enseignant : 42 900 en 2024, contre 53 145 en 2020, près de 20 % de moins.
1 stagiaire sur 1 000 qui démissionne10 000 étudiants
DEPP, Panorama des personnels 2025-2026 ; Sénat, rapport n° 139 (2025-2026), annexe 13, novembre 2025.
Partie 5
Des postes d'enseignant non pourvus à la rentrée, des heures de cours non assurées et des absences non remplacées pendant l'année.
3 914 postes d'enseignants non pourvus à la rentrée 2025 : 1 906 à l'école, 2 008 au collège et au lycée.
10 postes d'enseignants non pourvus
Assemblée nationale, rapport n° 3198 sur les heures d'enseignement perdues, 29 septembre 2026.
L'enquête nationale sur les heures perdues ne couvre pas l'école primaire.
1 % non assuré ou non remplacé1 % assuré ou remplacé1 milliard d'euros
Assemblée nationale, rapport n° 3198, septembre 2026 : heures non assurées, remplacement.
Partie 6
Un AESH (accompagnant d'élève handicapé) aide en classe un élève dont le besoin a été reconnu officiellement : on dit que l'élève est « notifié ». À la rentrée, une enquête du ministère compte les élèves notifiés qui attendent encore leur AESH.
13,8 %
1 élève notifié sur 100 qui attend son AESH1 élève notifié sur 100 accompagné
« un pic de non-effectivité à la rentrée, une résorption progressive au fil de l'année, puis une nouvelle dégradation à la rentrée suivante »
1 élève notifié sur 100 accompagné1 sur 100 qui ne l'est pas
Réponse ministérielle à la question écrite n° 16270, JO du 1er septembre 2026 ; IGAS et IGÉSR, janvier 2026.
1 élève notifié sur 100 sans AESH
Assemblée nationale, rapport d'enquête n° 2234, décembre 2025.
Les notifications d'aide humaine ont été multipliées par 2,7 de 2015 à 2024.
1 700 emplois d'AESH « sous-consommés » fin 2024 : prévus au budget, non utilisés.
10 000 AESH (2017 : un peu moins de 43 000, dessinés comme 43 000)10 emplois non utilisés
Sénat, rapports n° 232 (décembre 2025) et n° 647 (mai 2026) ; IGAS et IGÉSR, janvier 2026.
d'un temps plein : le temps de travail moyen d'un AESH en 2024. Pour l'inspection générale, ce salaire « demeure nettement au-dessous du seuil de pauvreté monétaire ».
100 € nets par mois, moyennes 20241 % d'un temps plein travaillé1 % non travaillé
DEPP, cité par IGAS et IGÉSR, janvier 2026 ; DEPP, note d'information 26.36, août 2026, pour les enseignants.
Élèves suivis en moyenne par AESH à temps plein au 31 mars 2025 : 6,8, contre 6,1 en 2023 et en 2024.
1 AESH à temps plein1 élève suivi
Lettre du ministre à l'Assemblée nationale, 2 décembre 2025.
Pourquoi des élèves attendent : selon les gestionnaires interrogés par l'inspection générale, « la première cause de non prise en charge est la tension sur des moyens contraints, et non un choix pédagogique fondé sur une révision des besoins de l'enfant ».
Partie 7
Des postes de médecin vides, des visites qui n'ont pas lieu.
1 médecin en poste ou admis1 poste de médecin vide
Sénat, rapport n° 414, mars 2024 (postes prévus et occupés) ; DEPP, Panorama des personnels 2024-2025 (concours 2024).
20 % d'emplois de santé scolaire en moins que prévu en 2025 : 8 697 réalisés pour 10 874 prévus, en équivalents temps plein sur l'année (calcul). Parmi les explications, le rapport cite « les difficultés de recrutement sur les emplois médicaux sociaux ».
10 000 emplois en équivalents temps plein
Rapport annuel de performances 2025, mission « Enseignement scolaire », avril 2026.
En principe, chaque enfant a une visite médicale dans sa sixième année et un bilan infirmier dans sa douzième année.
1 enfant sur 100 qui a eu la visite ou le bilan1 enfant sur 100 qui ne l'a pas eu
Cour des comptes, Les médecins et les personnels de santé scolaire, 2020 ; Rapport annuel de performances 2025, mission « Enseignement scolaire », avril 2026.
Partie 8
Selon le territoire, la dépense par élève, l'âge des enseignants et le niveau des élèves changent.
Dépense de l'État par lycéen, public et privé sous contrat. La DEPP cite des établissements plus grands, donc moins d'enseignants par élève, et des enseignants plus jeunes, moins payés.
Dépense des conseils départementaux par collégien, de 1 450 à 3 530 € par an (moyenne 2021 à 2023).
1 000 € par élève et par an
DEPP, Géographie de l'École 2026, juin 2026.
En Seine-Saint-Denis, 10 % des enseignants d'école ne sont pas titulaires, signe selon la DEPP d'« une difficulté de recrutement d'enseignants titulaires ».
1 enseignant d'école sur 100 de moins de 35 ans1 élève sur 100 parmi les moins performants
DEPP, Géographie de l'École 2026, juin 2026.
dernière révision de la carte de l'éducation prioritaire, que la Cour des comptes dit « figée ».
2,5 fois plus qu'en 2014. L'objectif de réduire les écarts de niveau « n'a pas été atteint malgré le renforcement important des moyens », écrit la Cour.
1 élève sur 1001 milliard d'euros1 % des heures non assuré
Cour des comptes, L'éducation prioritaire, une politique publique à repenser, mai 2025 ; DEPP, synthèse n° 6, septembre 2025.
Candidat présent par poste au concours de professeur des écoles en 2025 (France : voir « Combien de candidats pour un poste ? »). Seuil d'admission : 6 sur 20 dans ces deux académies.
1 candidat présent, pour 1 poste offert
DEPP, Panorama des personnels 2025-2026 ; DEPP, séries des concours, octobre 2026 (France) ; DEPP, Note d'information n° 26.01, janvier 2026 ; Sénat, rapport n° 186, décembre 2025.
Partie 9
Dans un établissement privé sous contrat, l'État paie les enseignants. Les collectivités, les familles et quelques entreprises financent le reste.
Milieu social selon la profession des parents, élèves de collège et lycée, rentrée 2025.
Dans le privé, la part d'élèves de milieu très favorisé est passée de 26,4 % en 2000 à 40,2 % en 2021 (Cour des comptes, juin 2023). La DEPP a changé de méthode en 2022 : 2021 et 2025 ne se comparent pas exactement.
1 élève sur 100, milieu très favorisé1 élève sur 100, milieu défavorisé ou boursier
DEPP, Repères et références statistiques 2026, fiches 4.03 et 10.06 ; Cour des comptes, L'enseignement privé sous contrat, juin 2023.
76 % des ressources des écoles, collèges et lycées privés sous contrat viennent de l'argent public en 2024 : 11,5 Md€ sur 15,2 Md€ (données provisoires).
contrôles des finances publiques en 2023, pour environ 7 500 établissements privés sous contrat : « une fois tous les 1 500 ans », écrit l'Assemblée nationale.
Assemblée nationale, rapport 2423, avril 2024
La Cour des comptes écrit que le contrôle financier de ces établissements « n'est pas mis en œuvre » et qu'« en l'absence de contrôle administratif et financier, rien ne permet de conclure que les fonds publics sont correctement dépensés ».
1 milliard d'euros d'argent public1 milliard d'euros d'autres ressources
DEPP, RERS 2026 (calcul, données provisoires) ; Assemblée nationale, rapport n° 2423, avril 2024 ; Cour des comptes, juin 2023.
Raisons citées par l'Assemblée : enseignants du privé moins souvent agrégés, plus souvent contractuels, sans primes d'éducation prioritaire ; élèves du public aux besoins plus forts ; bâtiments du public payés par les collectivités.
1 000 € d'argent public par élève et par an1 élève sur 1001 % de la ségrégation sociale
Assemblée nationale, rapport n° 2423, avril 2024 ; DEPP, notes d'information n° 22.26 et n° 24.19 ; Cour des comptes, mai 2025 et juin 2023.
La Cour des comptes écrit que le privé « bénéficie en fin de compte des mêmes moyens d'enseignement que des établissements qui [...] doivent accueillir davantage d'élèves défavorisés ».
Partie 10
Les murs ne sont pas payés par l'État, et leur état n'est connu que par morceaux.
Trois payeurs s'occupent des murs, des cantines et des agents d'entretien : les communes pour les écoles, les départements pour les collèges, les régions pour les lycées. Ces dépenses ne sont pas dans les 87,8 Md€ dépensés par l'État pour l'école en 2025, retraites comprises. L'état réel des bâtiments : voir « Ce que personne ne mesure ».
8,3 Md€ investis chaque année par les collectivités dans les bâtiments scolaires.
1 milliard d'euros par an
Assemblée nationale, rapport n° 1974, décembre 2023, d'après la Banque des territoires.
Cour des comptes, mars 2023
1 an1 établissement sur 100100 € par collégien et par an
DEPP, Repères et références statistiques 2026, chapitre 2 ; Cour des comptes, La construction, la rénovation et l'entretien des collèges, mars 2023.
Interrogé au Sénat sur « le nombre réel d'établissements scolaires ayant bénéficié d'une rénovation thermique effective », le ministère a répondu en nombre de projets (JO du Sénat, 24 septembre 2026).
1 % des projets suivis, avec un prêt1 % sans prêt
Cour des comptes, avril 2026 ; Banque des territoires, 3 juillet 2026 ; Fonds vert, bilan 2025, juin 2026 ; réponse à la question écrite du Sénat n° 09352.
Amiante : ce sont des « résultats temporaires » cités par des députés en 2025. Le ministère a présenté ses résultats en mars 2025, sans les publier. Dossier technique amiante (DTA) : il recense l'amiante d'un bâtiment ; en 2016, près d'un tiers des établissements avaient répondu. Sanitaires : sondage de 869 chefs d'établissement en 2017 ; aucune règle ne fixe le nombre de toilettes. Toilettes : enquête 2021.
1 établissement sur 1001 élève sur 1001 personnel sur 1001 % des cantines contrôlées
Partie 11
Les trous de la statistique publique, dits comme tels : on ne peut pas compter ce que personne ne mesure.
Sur ces sujets, aucun chiffre national n'est publié, ou seulement une partie.
Ici, la grille reste vide : il n'y a rien à compter.
Aucune base nationale ne le décrit. Les députées n'ont pas pu disposer d'« un état des lieux complet du bâti scolaire en France » (Assemblée nationale, 2023). Le ministère « ne dispose pas d'un diagnostic consolidé au niveau national » (Cour des comptes, 2023). L'observatoire chargé d'étudier « l'état des immeubles et des équipements » a été supprimé par une loi du 7 décembre 2020 ; son dernier rapport annuel porte sur 2018. Une enquête de la DEPP, prévue au printemps 2026, doit donner l'avis des directeurs, pas un diagnostic technique.
Aucune donnée nationale ne les compte : la statistique publique ne les confirme ni ne les dément. Seule approche des fuites : 20 % des salles de classe ont au moins un signe d'humidité (étude citée par l'observatoire en 2018). Les contrôles d'hygiène des cantines publiés ne disent pas si des nuisibles ont été trouvés.
« 10 % du parc » en « état de vétusté important » : ce chiffre, cité par un rapport de l'Assemblée nationale en 2023, renvoie à un article de presse, pas à une publication du ministère.
L'enquête nationale a été lancée en avril 2024. En juin 2026, les académies recueillaient encore des réponses. Ses premiers résultats : voir « Ce que disent les enquêtes ».
Aucune mesure nationale publiée des heures d'accompagnement réellement faites, sauf à la pause de midi : 43,4 % des besoins couverts (Assemblée nationale, 2025). Le ministère n'a pas d'indicateur du délai d'attente d'un AESH (Sénat, 2026), ni de données centralisées sur leurs absences (lettre du ministre, décembre 2025).
La DEPP publie la dépense de l'État par élève par région. La Cour des comptes demande un indicateur qui distingue l'éducation prioritaire, « données indispensables au suivi de cette politique » (mai 2025).
Aucun des rapports lus ne dit quelle part des difficultés des élèves vient des cours non remplacés, des contractuels, des classes chargées, des AESH absents ou des bâtiments.
Aucun des documents lus n'explique la chute de 2011 aux concours, ni ne mesure le rôle du master exigé (voir « Combien de candidats pour un poste ? »).
Aucune source lue ne la mesure. Le rapport de l'Assemblée de septembre 2026 compte 285 recours de parents devant les tribunaux pour des cours non assurés (2020-2021 à 2023-2024). Il écrit que l'inquiétude « se transforme désormais en colère ».
case vide : aucune donnée nationale publiée
Assemblée nationale, rapports n° 1974 (2023), n° 2234 (2025) et n° 3198 (septembre 2026) ; Cour des comptes, mars 2023 et mai 2025 ; Sénat, rapport n° 647 (2026) ; loi n° 2020-1525 du 7 décembre 2020 ; Observatoire national de la sécurité des établissements, rapport 2018 ; CNIS, mars 2026.
Annexe
Les séries année par année, lisibles sans survol.
| Année | En euros de chaque année | En euros de 2025 |
|---|---|---|
| 2015 | 47,6 | 57,6 |
| 2016 | 48,6 | 58,7 |
| 2017 | 50,5 | 60,3 |
| 2018 | 51,7 | 60,7 |
| 2019 | 52,3 | 60,7 |
| 2020 | 53,3 | 61,6 |
| 2021 | 55,0 | 62,5 |
| 2022 | 57,2 | 61,8 |
| 2023 | 60,2 | 62,0 |
| 2024 | 64,1 | 64,7 |
| 2025 | 64,1 | 64,1 |
| Année | Valeur |
|---|---|
| 2017 | 23,2 élèves par classe |
| 2018 | 22,8 élèves par classe |
| 2019 | 22,7 élèves par classe |
| 2020 | 22,2 élèves par classe |
| 2021 | 21,9 élèves par classe |
| 2022 | 21,7 élèves par classe |
| 2023 | 21,5 élèves par classe |
| 2024 | 21,3 élèves par classe |
| 2025 | 21,1 élèves par classe |
| 2026 (prévision) | 20,9 élèves par classe |
| 2027 (prévision) | 20,6 élèves par classe |
| Année | Professeurs des écoles (CRPE) | Collège et lycée (Capes) |
|---|---|---|
| 2010 | 5,4 | 4,4 |
| 2011 | 5,9 | 2,6 |
| 2012 | 3,8 | 2,7 |
| 2013 | 2,4 | 2,5 |
| 2014 (hors session exceptionnelle) | 3,1 | 3,6 |
| 2015 | 2,6 | 2,7 |
| 2016 | 2,6 | 2,7 |
| 2017 | 2,6 | 2,7 |
| 2018 | 2,9 | 3,4 |
| 2019 | 3,1 | 3,4 |
| 2020 | 3,0 | 3,1 |
| 2021 | 3,1 | 3,2 |
| 2022 | 1,8 | 1,9 |
| 2023 | 2,4 | 2,1 |
| 2024 | 2,5 | 2,2 |
| 2025 | 2,4 | 2,3 |
| Année | Collège et lycée | École |
|---|---|---|
| Rentrée 2015 | 7,7 % | 0,4 % |
| Rentrée 2016 | 8,3 % | 0,6 % |
| Rentrée 2017 | 9,2 % | 0,8 % |
| Rentrée 2018 | 9,3 % | 0,9 % |
| Rentrée 2019 | 8,9 % | 0,8 % |
| Rentrée 2020 | 9,2 % | 1,0 % |
| Rentrée 2021 | 9,1 % | 1,3 % |
| Rentrée 2022 | 9,7 % | 2,0 % |
| Rentrée 2023 | 10,7 % | 2,5 % |
| Rentrée 2024 | 11,4 % | 2,6 % |
| Rentrée 2025 | 11,6 % | 2,4 % |
| Année | Valeur |
|---|---|
| 2012-2013 | 399 départs volontaires |
| 2013-2014 | 523 départs volontaires |
| 2014-2015 | 804 départs volontaires |
| 2015-2016 | 1 002 départs volontaires |
| 2016-2017 | 1 232 départs volontaires |
| 2017-2018 | 1 417 départs volontaires |
| 2018-2019 | 1 664 départs volontaires |
| 2019-2020 | 1 598 départs volontaires |
| 2020-2021 | 2 430 départs volontaires |
| 2021-2022 | 2 859 départs volontaires |
| 2022-2023 | 2 489 départs volontaires |
| 2023-2024 | 2 392 départs volontaires |
| 2024-2025 | 2 095 départs volontaires |
Partie 12
Chaque chiffre de cette infographie vient de l'une de ces sources publiques.
Les montants excluent la contribution au compte d'affectation spéciale « Pensions », qui paie les retraites des fonctionnaires. Pour 2025, le montant hors retraites vient du Sénat.
Les montants sont arrondis au dixième de milliard : une somme peut différer d'un dixième de son total.
Partie « Les problèmes que le budget cache » : chaque chiffre vient d'un dossier d'enquête relu par un second contrôleur, qui a rouvert chaque source. Seuls les faits confirmés, ou corrigés avec leur valeur corrigée, sont repris. « Calcul » désigne un chiffre calculé à partir des données publiées. Un lien de cause n'est écrit que si la source l'écrit, et il lui est attribué. Font exception les cours non remplacés, les postes vides à la rentrée 2025, la médecine du travail, l'âge des bâtiments, l'avis des usagers sur leurs locaux et les recours de parents : ces chiffres ont été lus dans leur source, sans second contrôleur.
Figures : une figure garde la même valeur dans toute l'infographie (voir « Comment lire »). La dernière figure d'une rangée est coupée à la proportion exacte de la valeur.
Infographie établie le 18 octobre 2026 à partir des seules sources publiques citées.